Mis à jour le 14 Juillet 2026
Guillaume Ranvier a rejoint Monte-Carlo Société des Bains de Mer depuis le 5 janvier 2026.
Le nouveau directeur général de l’Hôtel Hermitage Monte-Carlo conduit l’une des maisons les plus emblématiques du Resort au moment où elle prend un nouvel élan. En réaffirmant l’identité du palace, il supervise le programme de rénovation des chambres et des suites et fait éclore Gustave, le nouveau bar sous la coupole Eiffel.
Après le Four Seasons George V à Paris, qu’est-ce qui vous a donné envie de rejoindre l’Hôtel Hermitage Monte-Carlo ?
Guillaume Ranvier : Lorsque l’on dirige des établissements hôteliers, on a toujours l’envie d’être à la tête d’un lieu d’exception, d’une maison iconique. Ce que je connaissais de l’Hôtel Hermitage Monte-Carlo, c’était d’abord son histoire. Il fait partie de l’héritage de Monaco depuis la fin du XIXe siècle. Je connaissais aussi sa place dans l’écosystème hôtelier du sud de la France, les distinctions internationales obtenues au fil des ans, les directeurs généraux qui l’ont dirigé et bien sûr la signature de Yannick Alléno pour la restauration. J’ai une passion très forte pour la gastronomie ; c’est donc un sujet auquel je suis naturellement très attentif.

Comment conjuguer patrimoine et exigence de confort actuelle ?
Guillaume Ranvier : C’est toute la difficulté : créer du confort, de l’intimité, de la modernité, tout en respectant l’esprit du lieu. Car il ne s’agit pas seulement de préserver une histoire. Il faut la faire vivre, la rendre lisible, la projeter dans le présent. C’est tout l’enjeu des projets en cours : la rénovation des chambres, les nouvelles Diamond Suites, l’ouverture de Gustave… Chacun de ces éléments participe à cette même ambition : redonner à l’Hermitage toute sa place, toute sa force, tout son éclat.

Gustave, qui ouvre sous la coupole Eiffel, est l’un des symboles forts de ce renouveau. Que représente-t-il pour vous ?
Guillaume Ranvier : Il répond à une évidence. Dans un palace de 259 clés, il était inconcevable de ne pas disposer d’une véritable offre de bar, avec une identité forte et une signature en matière de boisson. L’hôtel proposait déjà une offre, mais dans une forme plus hybride, entre lobby, lounge et restauration. Il manquait un bar identifiable à part entière.
Le projet a aussi permis de mettre en valeur un espace magnifique : la coupole Eiffel, située à l’arrière du bâtiment. C’est un chef-d’œuvre patrimonial qui n’avait pas toujours été suffisamment habité ni révélé. La lumière du jour traverse la verrière et crée un éclat absolument particulier. Avec Gustave, nous lui redonnons une fonction, une atmosphère, une vie.
Le nom renvoie naturellement à Gustave Eiffel et aux ateliers qui ont réalisé cette structure. Mais au-delà de la référence historique, l’idée est de créer un lieu vivant, accueillant, où la clientèle de l’hôtel et la clientèle locale puissent se rencontrer.

Vous souhaitez donc faire de Gustave un lieu de rencontre entre ceux qui séjournent à l’hôtel et ceux qui vivent à Monaco ?
Guillaume Ranvier : Oui, c’est une vraie volonté. Nous ne voulons pas d’un bar d’hôtel qui vivrait en autarcie, uniquement avec les clients hébergés. Gustave doit être un carrefour, un lieu où la clientèle monégasque puisse venir, se retrouver, prendre un verre, découvrir une carte, profiter de l’atmosphère de l’Hôtel Hermitage Monte-Carlo.
Avec environ 120 places assises, nous avons l’espace nécessaire pour accueillir ces différentes clientèles et leur offrir une expérience commune. C’est aussi cela, la vie d’un palace : être ouvert sur son environnement, dialoguer avec la ville, faire se rencontrer les gens.

L’autre grand chantier concerne la rénovation des chambres. Où en est ce programme ?
Guillaume Ranvier : Nous sommes dans un programme de rénovation qui se déploie par phases et qui doit se poursuivre jusqu’en 2030. Aujourd’hui, la deuxième phase est terminée. Une quarantaine de chambres ont été livrées fin mai.
Ces chambres s’inscrivent dans la continuité de la première phase, avec la volonté de moderniser le produit sans dénaturer l’identité de l’hôtel. C’est toujours un équilibre délicat. Quand on rénove une maison comme l’Hôtel Hermitage Monte-Carlo, il faut apporter de la nouveauté, une forme de modernité, tout en préservant l’ADN du lieu.


Sept nouvelles Diamond Suites enrichissent également l’offre de l’hôtel…
Guillaume Ranvier : Elles sont essentielles au regard de l’évolution du marché et des attentes de la clientèle internationale. Lorsque l’on considère l’inventaire de l’hôtel, la demande en suites et les tendances du luxe, il est tout à fait pertinent de proposer ce type de produit.
Mais il ne suffit pas d’avoir une suite. Ce qui compte, c’est ce que l’on vend à travers elle. À Monaco, à l’Hôtel Hermitage Monte-Carlo, une suite doit offrir quelque chose d’exceptionnel. Ces Diamond Suites bénéficient d’une vue incroyable sur le port Hercule. Elles proposent un véritable morceau d’expérience monégasque.
La clientèle luxe voyage beaucoup, voit beaucoup de choses, a accès à des expériences rares. La question est donc : Comment leur offrir quelque chose qu’ils ne pourraient pas vivre ailleurs ?
Qu’attendent aujourd’hui les clients du luxe ?
Guillaume Ranvier : Ils recherchent l’exception, mais pas seulement dans le spectaculaire. Ils veulent une expérience de vie, une authenticité, une impression d’appartenir à une histoire. Nos clients nous le disent : ce qu’ils aiment ici, c’est le sentiment de faire partie de quelque chose.
Il faut donc réunir plusieurs dimensions : l’esthétique, le service, l’attention, la bienveillance, la qualité du produit, mais aussi une identité monégasque très forte. Quand un client séjourne à Monaco, il ne doit pas avoir l’impression d’être dans une destination interchangeable. Il doit sentir qu’il est ici, et que ce qu’il vit ici ne pourrait pas être vécu ailleurs. C’est cette singularité que nous devons préserver et amplifier.

Ces suites sont-elles pensées comme de véritables appartements privés ?
Guillaume Ranvier : Oui, et c’est une tendance très importante dans l’hôtellerie de luxe. Les clients ne veulent pas seulement une chambre ou même une suite au sens traditionnel. Ils recherchent un lieu où ils puissent résider, s’installer, se sentir presque comme chez eux, avec le service d’un palace.
C’est aussi la signature de l’architecte d’intérieur Pierre-Yves Rochon : créer des résidences, des lieux qui donnent moins l’impression d’être à l’hôtel que d’habiter un appartement. Même dans une chambre de 30 m², on peut chercher à produire ce sentiment, même si c’est naturellement plus évident dans une suite avec un salon, un bureau, une chambre, des espaces différenciés.

Comment définiriez-vous l’esprit de l’Hôtel Hermitage Monte-Carlo ?
Guillaume Ranvier : L’Hôtel Hermitage Monte-Carlo est un lieu plutôt feutré, discret, profondément lié à l’élégance Belle Époque et à une certaine idée de l’art de vivre. Il ne cherche pas à être spectaculaire à tout prix et possède une forme de raffinement, de retenue, d’intelligence du détail. C’est cela qu’il faut continuer à incarner.

Vous venez d’arriver à Monaco. Comment s’approprie-t-on une culture aussi singulière ?
Guillaume Ranvier : Il faut d’abord écouter, lire, se renseigner, rencontrer les gens. Je me suis intéressé à l’histoire de la Principauté, à celle de l’hôtel, à l’architecture, à la période Belle Époque. J’ai aussi travaillé dans plusieurs établissements de la même époque, ce qui permet de comprendre certains croisements, certaines logiques architecturales, certaines façons d’habiter les lieux.
Mais au-delà des livres et de l’histoire, ce sont les équipes qui transmettent l’âme d’une maison. Le design est important, les matériaux doivent être de qualité et la beauté des lieux est essentielle. Mais si, derrière, il n’y a pas le service, c’est-à-dire des femmes et des hommes qui incarnent l’esprit de l’hôtel, cela ne fonctionne pas.

Quel rôle jouent les équipes dans ce renouveau ?
Guillaume Ranvier : Elles sont centrales. À la fin, ce sont elles qui font vivre l’expérience. Nous pouvons donner une vision, un ton, une direction, mais au quotidien, c’est l’ensemble du personnel qui incarne le lieu.
On parle souvent de l’Hôtel Hermitage Monte-Carlo comme de “L’Hôtel des connaisseurs”. Les connaisseurs, ce sont d’abord les collaborateurs. Ce sont eux qui connaissent leur métier, qui connaissent la maison, qui comprennent les attentes des clients et qui transmettent leur passion. Notre rôle est de stimuler cette énergie, cet enthousiasme, cette fierté d’appartenir à une maison à nulle autre pareille. Le client le ressent immédiatement.

L’Hôtel Hermitage Monte-Carlo accueille une clientèle très internationale. Comment cela influence-t-il votre approche ?
Guillaume Ranvier : L’hôtellerie de luxe est, par nature, internationale. Nous accueillons des clients venus d’Europe, des États-Unis, du Moyen-Orient, d’Amérique du Sud, du monde anglo-saxon. Nous sommes très fiers de cette diversité, car un hôtel est aussi un lieu de rencontres.
Mais accueillir cette clientèle, c’est aussi représenter la Principauté. Nous sommes les ambassadeurs d’un style de vie, d’un héritage, d’une certaine idée de Monaco. Cela implique une responsabilité. Les clients qui viennent ici repartent avec un souvenir, une émotion, une perception de la destination. C’est pourquoi l’expérience doit être juste, cohérente et profondément ancrée dans le lieu.

Avec les rénovations des chambres, sept nouvelles Diamond Suites et Gustave, quelle ambition portez-vous pour l’Hermitage ?
Guillaume Ranvier : L’ambition est de renforcer l’Hôtel Hermitage Monte-Carlo dans ce qu’il a de plus singulier. Nous voulons continuer à accueillir une clientèle internationale exigeante, mais aussi attirer de nouveaux clients et surtout faire vivre une expérience qui ne ressemble à aucune autre. Le lieu doit rester une maison avec une âme, une histoire, une élégance particulière. Toutefois cette histoire doit être en mouvement. Les rénovations, les suites, Gustave : tout cela participe à une même dynamique.
Notre rôle est de faire en sorte que l’hôtel soit à la hauteur de son patrimoine, mais aussi des attentes contemporaines. Offrir du confort, du service, du beau, de l’attention, de l’authenticité. Et surtout, donner à chaque client le sentiment de vivre un moment qui appartient pleinement à Monaco.

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