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Rencontre avec Jeannot Bouillon : l'un des douze enfants de Joséphine Baker

En 1974, Joséphine Baker inaugure la toute nouvelle Salle des Etoiles du Sporting d’été de Monte-Carlo. Deux ans plus tôt, à l’invitation de la Princesse Grace, elle arrivait à Monaco, où elle résidait d’abord, avec sa famille, à l’Hôtel Hermitage Monte-Carlo. Et en 1969 et en 1974, c’est elle qui animait le Gala de la Croix Rouge monégasque. C’est dire la force des liens entre la grande artiste et Monte-Carlo Société des Bains de Mer. Rencontre riche en émotions avec l'un de ses enfants Jeannot Bouillon. 

Comment avez-vous appris l’entrée de votre mère, Joséphine Baker, au Panthéon ?

Jeannot Bouillon : Par Facebook. Il y avait une pétition pour qu’elle entre au Panthéon, Line Renaud, qui était une amie intime de ma mère, la soutenait. C’est ma mère qui a appris à Line Renaud à descendre l’escalier. C’est surtout mon frère, Brian Bouillon-Baker, qui s’en occupait. C’est lui qui m’a appelé pour me le dire.

Vous vous rappelez votre arrivée à Monaco ?

J.B : Très bien ! On est arrivé en 1969, j’avais 15 ans. On a habité d’abord à l’Hôtel Hermitage, invités par la Princesse Grace. Chacun avait sa chambre. On est resté un mois, après on est parti en Espagne, puis on est revenu.

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Vous alliez à l’école ?

J.B : Pas moi, mais mes soeurs y allaient, à l’Institut Saint-Maur.

Quelle maman était Joséphine Baker ?

J.B : Sévère. Pour tout. La discipline régnait. Nous ne devions pas mettre les coudes sur la table, pas parler avant qu’on nous y ait invité.

Elle avait ses chouchous ?

J.B : Non… Enfin, si, les filles bien sûr !

Vous alliez voir ses spectacles ?

J.B : J’aurais voulu, mais elle ne voulait pas, elle disait qu’une maman ce n’est pas une meneuse de revue. Un soir j’avais essayé, mais elle avait donné ses ordres, les hommes de la sécurité m’en ont empêché.

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Quels souvenirs gardez-vous de la Princesse Grace ?

J.B : Ma mère et elle étaient très, très amies. La première fois qu’elles s’étaient rencontrées, elles étaient dans le même restaurant et les serveurs ne servaient pas bien ma mère, parce qu’elle était noire. La princesse l’a vu, elle a été furieuse, elle a fait un scandale. Vous savez, quand Martin Luther King a fait son grand discours, « I have a dream », ma mère était là. A Monaco, la Princesse lui avait dit : « Joséphine, si vous avez un problème, quel qu’il soit, appelez-moi, où que je sois je viendrai tout de suite ». Un jour, nous étions invités à Roc-Agel, nous n’avions pas nos maillots de bain, alors nous nous étions baignés en slip dans la piscine. Les enfants de la Princesse ont voulu faire comme nous, mais elle leur a dit : « Les enfants de Joséphine Baker ont tous les droits, vous pas ! »

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Comment êtes-vous devenu le fils de Joséphine Baker ?

J.B : Pendant une tournée au Japon, elle était venue visiter un orphelinat, à Tokyo. Elle m’a vu tout seul dans mon coin, elle a demandé : « Cet enfant, pourquoi est-il tout seul ? Est-ce que je peux l’emmener avec moi ? » Et voilà.

Vous et vos frères et soeurs avez souhaité que sa dépouille reste à Monaco ?

J.B : Oui, elle reste ici. On avait reçu une lettre comme quoi elle devait partir, mais nous avons dit non. Elle est enterrée ici avec ma tante, mon oncle, et aussi ma petite nièce, qui était la filleule de la Princesse. C’est un cercueil vide qui entrera au Panthéon, ce qui compte c’est le symbole, la reconnaissance.

Vous avez travaillé à la Société des Bains de Mer ?
J.B : Oui, 36 ans ! J’ai commencé aux jardins en 1977, et je suis parti en 2013. C’est le
Prince Louis de Polignac, qui était très gentil, qui m’a fait engager.

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