Mis à jour le 12 Avril 2026
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Avec Monaco Sculptures, la Principauté se transforme en galerie à ciel ouvert. Près de cinquante œuvres modernes et contemporaines investissent les jardins et lieux emblématiques autour du Casino de Monte-Carlo, offrant une expérience artistique immersive, accessible tout au long de l’été.
Organisée pour la septième année par Artcurial, l’exposition Monaco Sculptures déploie d’avril à début septembre 2026 un parcours de près de cinquante œuvres modernes et contemporaines dans les jardins et squares autour du Casino de Monte-Carlo et également au Monte-Carlo Beach. Point d’orgue de l’événement : une vente aux enchères le 7 juillet au Salon Belle Époque de l’Hôtel Hermitage Monte-Carlo, dont le célèbre Pouce de César estimé d’une valeur entre 500 000 et 800 000 euros.
Monaco Sculptures, en partenariat avec Monte-Carlo Société des Bains de Mer, s’est peu à peu imposée dans le paysage culturel monégasque et propose une exposition à ciel ouvert dans l’espace public et dans certains établissements du Resort. Ainsi, les œuvres ayant trouvé acquéreurs ne quitteront la Principauté que début septembre.
Martin Guesnet, directeur associé senior d’Artcurial : « Monaco Sculptures est à la fois une expérience immersive et un événement du marché de l’art »
Qu’est-ce qui fait la singularité de Monaco Sculptures ?
Il n’y a qu’à Monaco, en tout cas c’est l’un des rares lieux dans ce monde où on peut exposer des œuvres à ciel ouvert en toute sécurité. Monaco Sculptures est à la fois une expérience immersive accessible à tous conçue en partenariat avec Monte-Carlo Société des Bains de Mer et un événement du marché de l’art avec une vente aux enchères à l’Hôtel Hermitage Monte-Carlo.
Où sont exposées les sculptures ?
Les œuvres monumentales sont installées en extérieur, dans les jardins de la Petite Afrique, aux Spélugues, au jardin Saint James, au Monte-Carlo Beach, et des sculptures de plus petites tailles prennent place à l’intérieur, notamment à l’Hôtel de Paris Monte-Carlo, à l’Hôtel Hermitage Monte-Carlo et chez Artcurial Monaco.
Monaco Sculptures reste aussi une vente. Comment s’articule cette dimension marchande avec l’approche presque muséale ?
Artcurial assume pleinement cette double identité. Les enchères se tiendront le 7 juillet 2026 à 17 heures, dans le Salon Belle Époque de l’Hôtel Hermitage Monte-Carlo, en plus des ventes de joaillerie, d’horlogerie de collection et d’Hermès & Luxury Bags organisées la même semaine.
Monaco Sculptures s’inscrit-elle aussi dans un écosystème artistique local plus large ?
Il existe des synergies locales avec les autres acteurs du marché de l’art en Principauté, notamment Monaco Art Week et Art Monte-Carlo. Monaco Sculptures n’est pas un événement isolé : l’exposition participe à une dynamique collective qui renforce la place de Monaco comme destination artistique estivale.
Qui sont les acheteurs de Monaco Sculptures ?
Nous avons un large éventail de collectionneurs. Certaines sculptures partent en Europe, vers les États-Unis, d’autres restent dans la région.
Monaco Sculptures rassemble une sélection d’œuvres des XXe et XXIe siècles qui cheminent de façon spectaculaire et sensible. Si le Pouce de César occupe à lui seul un chapitre à part, d’autres signatures majeures donnent à cette promenade artistique un intérêt tout particulier.
« Le Pouce de César, c’est clairement la vedette de cette session. » Martin Guesnet décrit l’œuvre d’« emblématique et spectaculaire ». Il s’agit d’un bronze poli à patine dorée en édition de 8 exemplaires et ici le numéro 1/8. Les dimensions sont imposantes : 350 x 200 x 160 cm. « Le format de 3,5 mètres correspond à l’un des plus grands Pouces édités, hors version monumentale unique de La Défense. »
Son prix est estimé entre 500 000 et 800 000 euros pour la vente du 7 juillet 2026.
En 1965, César agrandit de façon monumentale son propre pouce à partir d’une empreinte de sa main. Ce geste simple devient un manifeste. En transformant un fragment intime du corps en sculpture autonome, l’artiste inscrit l’œuvre dans le Nouveau Réalisme et lui donne une portée universelle. Décliné en plusieurs tailles et matériaux, le pouce s’est imposé comme l’une des signatures les plus reconnaissables de la sculpture au XXe siècle.

Autre présence forte, Claude Gilli apporte à l’exposition une tonalité plus libre, plus enjouée, profondément méridionale. Avec Le Boulonnier rose, l’artiste niçois déploie un vocabulaire où l’ironie, la couleur et le goût du décalage tiennent une place essentielle. Associé à la Figuration narrative tout en demeurant farouchement singulier, Gilli puise dans l’imaginaire du Sud une énergie solaire, nourrie de fantaisie et de culture populaire. Son œuvre, qui navigue entre peinture, collage et sculpture, introduit dans le parcours monégasque une respiration plus ludique, presque théâtrale, sans jamais perdre en sophistication.

Parmi les pièces les plus marquantes figure Cubo I d’Arnaldo Pomodoro, bronze patiné de 1964. Chez le grand sculpteur italien, le cube n’a rien d’une forme close ou silencieuse. Sa surface, apparemment lisse et maîtrisée, se fissure, s’ouvre, révèle un monde intérieur complexe, presque mécanique. Cette tension entre l’ordre extérieur et le tumulte caché est au cœur de son œuvre. Monaco accueille ainsi une sculpture qui ne se livre jamais d’un seul regard : il faut en faire le tour, en éprouver les failles, en suivre les découpes, pour entrer dans la pensée de Pomodoro, à la croisée de l’architecture et de l’abstraction.

Le parcours sait aussi se faire plus méditatif. Avec Aube, en marbre blanc, Antoine Poncet inscrit dans la matière une recherche d’épure et de douceur. Dans un autre registre, Jean-Michel Folon impose avec L’Oiseau l’une de ces figures immédiatement reconnaissables qui ont fait la singularité de son univers. Chez lui, la sculpture conserve quelque chose du dessin : une présence légère, sensible, rêveuse, où la simplicité apparente ouvre à l’émotion. Cette œuvre apporte au parcours une poésie silencieuse, presque aérienne.
Si le Pouce concentre l’attention, César apparaît aussi dans l’exposition à travers une Compression de voiture de 1980. Ici, le geste change d’échelle et de langage, mais demeure tout aussi emblématique. Là où le Pouce donne au corpsune image monumentale, la compression transforme l’objet industriel en matière sculpturale. C’est tout l’esprit du Nouveau Réalisme qui ressurgit : détourner le réel, le contraindre, l’élever au rang d’œuvre. Cette autre facette de César rappelle combien l’artiste a su imposer un vocabulaire plastique immédiatement identifiable, fondé sur la métamorphose.
Au fil de ce parcours, Monaco Sculptures donne ainsi à voir bien plus qu’une juxtaposition de pièces remarquables. L’exposition compose un dialogue entre des artistes, des matériaux, des générations et des sensibilités. Bronze, marbre, acier, inox : chaque matière y trouve son accent propre.
Ce qu'il faut retenir :
Monaco Sculptures déploie un parcours artistique à ciel ouvert, mêlant grandes signatures de la sculpture moderne et contemporaine dans un cadre exceptionnel. Entre expérience immersive et marché de l’art, l’événement confirme la place de Monaco comme destination culturelle incontournable.
Nathalie Stutzmann, la contralto devenue cheffe d’orchestre, a été nommée par S.A.R. la Princesse de Hanovre pour diriger l’ensemble monégasque et programmer les quatre prochaines saisons.

L’artiste Steve Chaudanson propose en effet un regard quasi cinétique avec une œuvre monumentale – une voiture taille réelle - qu’il expose pour la toute première fois.

Avec 3 500 variétés de plantes, ce jardin d’acclimatation est l’un des plus beaux d’Italie. Il se déploie à la frontière, juste après Menton, sur 9 hectares ouverts au public.
