Mis à jour le 22 Avril 2026
Sommaire :
L'essentiel
Au-delà de l'effervescence du Rocher, l'excellence en Principauté s'écrit aussi en silence, au sein de son patrimoine paysager. La roseraie Princesse Grace s'impose comme un équilibre entre rigueur technique et esthétique horticole. Véritable trait d'union entre mémoire et botanique, ce jardin de Monaco est le fruit d'un travail de précision dont Aurélie Varitto, chef technicien territorial à la Direction de l'aménagement urbain de Monaco, nous dévoile les secrets bien gardés.
Le destin de ce domaine s'est écrit en 1984 comme une confidence éternelle. Né d'un vœu de tendresse du Prince Rainier III, cet espace fut imaginé pour prolonger le souvenir de la Princesse Grace dont la passion pour la flore était légendaire. Sur le terre-plein de Fontvieille, là où « autrefois l'eau dominait encore la terre », comme le rappelle Aurélie Varitto, un jardin dédié à la rose a surgi des flots. Cette première roseraie d'inspiration anglaise offrait alors aux promeneurs une parenthèse de douceur suspendue sur la mer, témoignage vivant d'un amour souverain.
©Direction de la Communication - Frédéric Nebinger

En 2014, pour son trentième printemps, la Roseraie s'est offert une restructuration d'envergure. Sous l'impulsion du Gouvernement Princier, le domaine a brisé ses clôtures pour s'ouvrir sur la cité dans une quête de modernité et de transparence.
©Direction de la Communication - Stéphane Danna

La roseraie Princesse Grace abrite aujourd'hui plus de 450 variétés et près de 6000 rosiers dont chaque emplacement a été pensé avec une précision millimétrée. Le geste final de cette renaissance relève de l'audace poétique : vue du ciel, l'architecture même du jardin de Fontvieille révèle la silhouette d'une rose épanouie. Les allées, tels des pétales de pierre, dessinent une corolle géante, offrant aux visiteurs une circulation fluide et libre. Sous les lumières de la Principauté, le jardin change de visage à chaque heure, mariant la pérennité des symboles, tels que les portails d'origine, à la fugacité d'une floraison toujours renouvelée.
La Princesse et les fleurs, une passion créatrice
La Roseraie s'inscrit dans la continuité de l'attachement de la Princesse Grace pour le monde végétal. Fondatrice du Garden Club de Monaco en 1968, sa passion pour la nature l'accompagnait au quotidien, de la confection minutieuse de ses propres herbiers à l'impulsion donnée au projet du Jardin Japonais. Cette sensibilité imprègne encore l'esprit du domaine, où chaque variété est entretenue avec un soin particulier.
Le voyage s'articule autour d'univers thématiques qui se parcourent au gré des massifs. Ici, la rose s'affranchit de sa condition de fleur pour se faire le miroir de l'excellence monégasque :
©Direction de la Communication - Stéphane Danna

©Direction de la Communication - Stéphane Danna

Coup de cœur Inspiration : L'icône Yves Piaget
S'il est une fleur qui incarne la splendeur de ce jardin, c'est la rose Yves Piaget. Avec son coloris rose cyclamen et ses 80 pétales dentelés rappelant la générosité d'une pivoine, elle est une ode à la sensualité. Son parfum puissant mêle la rose de mai à des notes citronnées. Elle illustre la qualité du travail de l'obtenteur Meilland, créateur de roses renommé dont les liens avec la Principauté sont historiques.
Organisé tous les deux ans en avril ou mai, le Concours international de roses nouvelles couronne le travail des meilleurs obtenteurs mondiaux. Soutenu par la Manufacture Piaget, cet événement cultive sa singularité : les créations y sont jugées exclusivement en pot. Un parti pris en réponse à la réalité urbaine de la Principauté. « La place étant rare à Monaco, nous primons des rosiers capables de s'épanouir en pot, pour que chacun puisse inviter cette excellence chez soi. » Se voir remettre la médaille d'or ou le Trophée Piaget, pour un obtenteur, c'est la promesse de voir sa fleur élevée au rang de millésime d'exception.
Pour garantir l'équité du jugement, les jeunes plants sélectionnés par les obtenteurs du monde entier arrivent à Monaco dès la fin de l'automne (novembre/décembre). Ils sont alors accueillis dans le secret de la pépinière de Saint-Laurent-d'Èze pour une phase d'acclimatation cruciale. La réussite de cette préparation repose sur le pincement des tiges. Cette intervention manuelle, effectuée jusqu'à quarante jours avant l'échéance, permet de maîtriser la croissance de la plante. « Tout l'enjeu est que la fleur atteigne son apogée précisément le matin du jury, souligne Aurélie Varitto. Une synchronisation millimétrée, indispensable pour offrir une scénographie parfaite au jour J. »
©Direction de la Communication - Manuel Vitali

©Direction de la Communication - Manuel Vitali

Entre le souvenir de la Princesse Grace et la précision technique de ses jardiniers, la roseraie de Fontvieille s'affirme comme une escale singulière. Un lieu de calme qui reflète, avec retenue, une part essentielle de l'identité et du savoir-faire de la Principauté.
L'apogée se situe début mai, lors du Concours international. Pour une immersion totale, privilégiez la fin de journée, au coucher du soleil. Grâce au climat clément de la Principauté, certaines floraisons persistent jusqu'en décembre.
Le jardin est une escale familiale idéale. Des ateliers pédagogiques y sont régulièrement organisés pour éveiller les plus jeunes via un parcours sensoriel d'éveil des cinq sens.
Les rosiers en terre ne sont pas à vendre. Toutefois, chaque étiquette botanique est munie d'un QR code permettant d'identifier l'obtenteur pour vos achats personnels. Une vente caritative de rosiers en pot, issus du Concours international de roses nouvelles, est également organisée tous les deux ans au profit d'associations partenaires.
Oui, l'espace s'anime de concerts ou de lectures publiques en soirée. Le point d'orgue demeure le Concours international qui réunit, tous les deux ans, l'élite mondiale de la botanique.
Près de 50 sculptures s’installent à Monaco, entre jardins et lieux emblématiques du Resort. Une exposition à ciel ouvert à découvrir jusqu’en septembre.

Visite privilégiée de cette propriété de la maison Lancôme, qui préserve les traditions de la culture des plantes à parfum et leur transformation.

Découvrez Alexandra Marcellier, soprano révélée en 2023, et son parcours entre grandes scènes lyriques et Opéra de Monte-Carlo, où elle interprète Il Trovatore de Verdi.
