Mis à jour le 04 Mai 2026
À la tête de Gustave, le nouveau bar de l’Hôtel Hermitage Monte-Carlo, Frank Carcamo incarne une vision rare de l’hospitalité, nourrie par la littérature, la peinture et le goût du beau.
Né au Pérou, il a grandi et étudié à Milan. Passionné très jeune par la poésie, la philosophie et les arts visuels, il suit un cursus à l’Accademia di Belle Arti di Brera, après un baccalauréat scientifique. Cet ancrage artistique irrigue encore aujourd’hui sa manière de concevoir le bar : comme un espace de composition, d’équilibre et d’émotion, où le geste compte autant que l’atmosphère.
Arrivé à Nice sans parler français, il a cherché un premier terrain d’expression et a choisi l’univers très cosmopolite du cocktail. Ce qui devait être une transition devient « une vocation ». Frank Carcamo découvre alors un métier qui réunit tout ce qui le touche : l’esthétique, la précision, la relation humaine, l’énergie du service et le sens du détail.
Il poursuit sa carrière et gravit les échelons dans plusieurs grandes maisons de la Riviera française. C’est dans cette continuité qu’il imagine Gustave : non pas comme un bar d’hôtel anonyme, mais comme une adresse de caractère, à la fois raffinée et contemporaine. Il souhaite un lieu où chaque client est accueilli de manière singulière, où le cocktail est à la fois un plaisir, un récit et un souvenir. Un lieu où l’on vienne pour le goût, bien sûr, mais aussi pour la conversation, pour la beauté du geste, pour cette impression rare d’avoir vécu une parenthèse.
À ses côtés, le chef barman Julien Lecharpentier, avec lequel il collabore depuis 2018, apporte une expertise pointue en création et en mixologie. De cette complémentarité naît l’identité de Gustave : un bar pensé comme une expérience complète, à la croisée du savoir-faire, de l’émotion et du style.
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À la tête de Gustave, Frank Carcamo puise dans la littérature, la peinture et l’esthétique les fondements de sa passion pour le métier de barman. Né au Pérou, il a grandi à Milan et a construit sa carrière professionnelle dans plusieurs établissements haut de gamme de la Riviera française. Aujourd’hui, il a le privilège rare de donner les premières notes au tout nouveau bar de l’Hôtel Hermitage Monte-Carlo. Pour Gustave, il imagine un lieu où l’accueil, le souci du détail juste et l’art du cocktail prolongent l’histoire du 5-étoiles commencée il y a 130 ans.
Votre parcours est loin des trajectoires classiques de l’hôtellerie. Comment débute-t-il ?
Frank Carcamo : Très jeune, j’ai été passionné par la littérature et la poésie. La découverte de Pablo Neruda, vers l’âge de 12 ans, a compté pour moi. J’ai aussi toujours été très sensible à la peinture et à la philosophie. C’est ce qui m’a conduit à intégrer l’Académie des Beaux-Arts à Milan, où j’ai passé douze ans. À cette époque, je me voyais davantage travailler dans le domaine artistique que dans un bar. Mon idée était même de partir à Paris pour apprendre le français et lire les poètes dans leur langue originale.
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Qu’est-ce qui vous a conduit vers l’univers du bar ?
Quand je suis arrivé à Nice, je ne parlais pas du tout le français. Je voulais pourtant travailler sans tarder. Et je me suis dit qu’un mojito, une margarita ou un daïquiri sont des mots qui se prononcent partout dans le monde de la même façon. J’ai donc commencé à acheter des livres, à m’exercer chez moi, à apprendre les recettes. J’ai eu ma première opportunité à la plage de la Mala, à Cap-d’Ail, et cette première saison a été décisive. Ce qui devait être une étape est devenu une vocation.
Qu’est-ce qui vous a séduit dans ce métier au point qu’il devienne « une vocation » ?
Au début, il y avait bien sûr le produit, le plaisir d’apprendre, la curiosité autour des cocktails. Mais très vite, j’ai compris que ce métier allait bien au-delà. Il y a le geste, l’esthétique, l’ambiance, le rapport aux autres. Il y a aussi le management, la transmission, la construction d’une équipe. Je me suis aperçu que j’aimais accompagner les personnes, faire grandir les talents, créer un cadre où chacun trouve sa place. Mon parcours académique dans les arts m’a sans doute donné le goût du beau, cette envie que tout soit harmonieux, juste, élégant, sans excès.
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Est-ce pour cela que vous avez choisi de travailler pour de très belles maisons de la Riviera ?
C’est là que l’on apprend l’exigence, le sens du détail, la cohérence d’un concept, mais aussi l’importance du facteur humain. Dans de telles maisons, tout est important : le produit, bien sûr, mais aussi l’énergie de l’équipe, la constance de l’accueil, la manière dont on fait vivre une vision.
Pourquoi le projet Gustave vous a-t-il donné envie de rejoindre Monte-Carlo Société des Bains de Mer ?
Il y a dans le nom « Gustave », dans l’imaginaire collectif, dans son lien avec une certaine idée de la Belle Époque, quelque chose qui rejoint mes goûts et ma sensibilité. J’aime les lieux qui racontent une histoire. J’aime quand un concept ne se limite pas à une fonction, mais ouvre un univers. Ici, il est question d’élégance, de culture, d’atmosphère, de mémoire, avec en même temps une vraie volonté de modernité. Je n’avais jamais vraiment envisagé de venir travailler à Monaco, alors que cela fait quinze ans que je vis dans la région. Mais Gustave a été, pour moi, une évidence.
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En quoi l’Hôtel Hermitage Monte-Carlo nourrit-il votre vision du bar Gustave ?
L’hôtel a une âme. Quand on entre dans le Salon Belle Époque, quand on regarde les plafonds, les tableaux, l’atmosphère générale de la maison, on comprend tout de suite qu’il ne s’agit pas d’un décor neutre. C’est un hôtel qui inspire, qui possède une profondeur, une sensibilité particulière. Il n’est pas seulement beau pour des raisons esthétiques, il est habité. Pour moi, Gustave prolonge l’élégance de l’hôtel, tout en offrant une expérience contemporaine et ouverte. Il est une part du vécu et du vivant de l’Hôtel Hermitage Monte-Carlo.
Quelle atmosphère souhaitez-vous créer ?
Je veux une ambiance raffinée, mais jamais figée. Un lieu où l’on sente immédiatement l’attention portée au client, à son humeur, à son rythme, à ce qu’il a envie de vivre à cet instant. Pour moi, chaque client est unique. Le luxe commence dans cette capacité à recevoir chacun de manière singulière. Il ne s’agit pas seulement de servir un grand cocktail, mais de créer une expérience complète : l’accueil, le ton, le récit, le rythme, la beauté du geste. On doit pouvoir venir chez Gustave pour le goût, pour l’ambiance, pour la conversation, pour le plaisir d’un moment qui laisse une trace.
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Vous parlez souvent de récit, de culture et de transmission. Quelle place cela occupe-t-il dans votre approche ?
Une place essentielle. Un cocktail peut porter une inspiration, une histoire, une référence. Une discussion au bar peut ouvrir sur la poésie, sur la philosophie, sur un souvenir, sur une époque. J’aimerais que l’équipe sache transmettre cela avec naturel, sans jamais être démonstrative. Si le client repart en se disant qu’il a vécu quelque chose de singulier, une parenthèse dans le temps, alors nous avons réussi.
Vous travaillez main dans la main avec le chef barman Julien Lecharpentier depuis huit ans. Que représente cette complémentarité dans la construction de Gustave ?
Elle est très précieuse. Nous avons construit au fil du temps une vraie connivence. Julien apporte une dimension très forte de création, d’innovation, de mixologie pure, avec une passion très poussée pour les techniques et les produits. De mon côté, je suis peut-être davantage tourné vers l’expérience globale, le sens du lieu, la relation au client, l’accompagnement des équipes. Cette complémentarité permet de bâtir quelque chose de cohérent et de distinctif. Nous avons une ambition réelle pour Gustave : créer un bar qui se démarque et qui puisse un jour compter parmi les grandes références.
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Rencontre avec Julien Lecharpentier, chef barman de Gustave, le nouveau bar de l’Hôtel Hermitage Monte-Carlo. Il signe une approche de la mixologie à la fois exigeante, sensible et profondément contemporaine.

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